La création du lotissement

Voici ci-dessous le déroulement des opérations concernant la création de ce lotissement, d'après les extraits des principales délibérations du Conseil Municipal de l'époque,

Déjà en 1885 la commune avait, pour construire l'Hôtel de Ville, acheté une parcelle de terrain dépendant de la ferme de la Matrassière, puis une autre en novembre 1925, mais c'est à partir de 1935 que débutent les premiers pourparlers d'achat de ce qui deviendra le quartier de la Matrassière

Extraits des délibérations du conseil municipal

Officiellement le début du projet d'un nouveau quartier à l'emplacement de la ferme de la Matrassière est apparu lors de la séance du 7 janvier 1935

" M. le Maire fait un exposé des différents pourparlers ou propositions relatifs à l'acquisition éventuelle par la ville du corps de ferme de la Matrassière et des terrains y attenant.
Actuellement les propriétaires seraient disposés à vendre en bloc et en demandant un prix sur la base de 4 francs le mètre carré.
Le conseil émet un avis favorable au principe de l'achat et donne pouvoir à M. le Maire de continuer les pourparlers et traiter au mieux des intérêts de la ville. "

Les pourparlers avancent rapidement car dès la séance du 21 janvier 1935 un accord semble trouvé

" M. le Maire expose à nouveau la situation relative à l'acquisition de la Matrassière. Les derniers pourparlers ont abouti à un accord sur le prix définitif de 180.000 francs( les frais en sus) "

Accord concrétisé par une promesse de vente signée le 11 février 1935, et lors de la séance de ce même jour :

" Monsieur le Maire expose que monsieur Martin-Fortis a offert à la ville de Brou, par l'intermédiaire de M Bouvry, notaire à Brou, de lui vendre une propriété dite " la Matrassière " sise dite Ville immédiatement derrière l'Hôtel de Ville.
Le prix de vente serait de 185.000 francs payable après les formalités de purge et de transcription. "
après cet exposé le conseil Municipal :

" Considérant que l'exécution du projet va permettre de donner du travail aux chômeurs, ce qui explique la nécessité de réaliser rapidement l'acquisition projetée.
Autorise M le Maire à acquérir des héritiers de Mme Martin Fortis, moyennant le prix principal de 185.000 francs un immeuble sis à Brou, appelé la Matrassière, cadastré en E N°62-63-64-65-66
Approuve le devis des travaux dressé par M Willehm pour l'aménagement provisoire tout en faisant partie du plan d'ensemble, du terrain acheté au prix sus indiqué, devis s'élevant à 30 000 francs.
Considérant que les frais d'acquisition occasionneront une dépense d'environ 35000 francs ; que par suite la dépense ressortira à 185.000 + 35.000 + 30.000 = 250.000 francs.
Vote un emprunt de 250.000 francs remboursable en 30 ans à partir de 1936, à contracter au moyen d'une émission d'obligations au porteur dans les conditions prévues au cahier des charges et au tableau d'amortissement ci annexés qui sont approuvés. "

Le 3 mars 1935 le Maire annonçait que l'emprunt était couvert et que les titres en cours d'impression seraient distribués avant la fin de la semaine.
Le 1er avril eut lieu l'adjudication de la démolitions des bâtiments.
Le 27 avril une demande de Déclaration d'utilité publique de l'acquisition de la Matrassière . Cette enquête sera présidée par M. Bourgeois, juge de paix à Brou, elle aura lieu du 7 au 26 juillet 1935. La déclaration d'utilité publique permet la récupération des droits d'enregistrement, soit 30 000 francs.

Le 7 juillet, Monsieur le Maire informe en outre l'assemblée qu'il a été procédé au morcellement du terrain de la Matrassière et à la fixation du prix de chacune des parcelles à vendre par une commission spéciale présidée par lui-même et composée de MM Pavaux, ingénieur TPE, Willelm architecte, Chomel et Bouvry notaires et de M Beylot receveur municipal, qui a arrêté de façon définitive ce morcellement et les prix et superficies.

Pendant cette séance il répond à une réclamation de Monsieur Lichet

" Dans une lettre en date du 16 juin dernier, M. Lichet expose à M. le Maire ses inquiétudes que lui causent l'aménagement sur le terrain de la Matrassiére d'une nouvelle place publique destinée à décongestionner le marché. M. Lichet craint que le décongestionnement du marché par le refoulement des véhicules de toutes catégories qui actuellement l'encombre, ait surtout pour conséquence d'augmenter le nombre de marchands forains et des camelots, ce qui, d'après lui, ne peut que nuire au commerce local.
M. le Maire ne veut retenir ce que ces doléances pourraient avoir d'électoral. Il suppose que M. Lichet nouvellement arrivé à Brou, ignore que le Conseil Municipal depuis dix ans n'a jamais voulu relever les taxes locales sur les marchandises et produits agricoles amenés sur le marché afin de ne pas nuire à son importance.
C'est assez dire le souci constant qu'il apporte à la bonne conservation de ce marché qui grâce à toutes les mesures prises, alors que d'autres périclitent, est resté, lui, le plus fréquenté et le plus important de ce département.
La municipalité a décidé en outre l'organisation de la Matrassière en partie pour décongestionner le marché de tous les véhicules, poids lourds et autos qui l'encombrent, qui envahissent les trottoirs, empêchent la circulation des piétons, notamment dans les rues étroites et très fréquentées et cela non pas dans le but de développer les arrivées des marchands forains, qui sont limitées dans la mesure du possible, mais pour assurer au contraire un développement normal du négoce normal.

Lors de la du séance du 29 septembre 1935 le Maire fait approuver le plan
d'alignement des rues et places en voie d'établissement sur le terrain de la Matrassière, il demande de prévoir pour l'hiver suivant " quelques travaux d'aménagements de la voirie dans le terrain de la Matrassière, ce qui permettra au surplus d'occuper quelques chômeurs. Parmi ces travaux il propose comme les plus urgents la construction de la future rue Félix Renard (3) et de la future grande place ".
Il demande que ces travaux de voirie soient confiés à des entreprises qui donneront toutes garanties quant à l'exécution de ces travaux dans les règles de l'art et à la modicité des prix.
Les travaux seront confiés à la société "La Construction de Paris" dont le siège est à Rueil-Malmaison 25 avenue Victor Hugo pour la première tranche et à Monsieur Guineau entrepreneur à Lanneray pour la deuxième tranche de travaux.
Monsieur Pavaux, agent voyer de la commune de Brou surveillera les travaux.
(3) La rue n'a jamais portée ce nom , mais celui de E.J.Valadier

Séance du 8 décembre 1935

Matrassière modification du cahier des charges
Suppression de clauses restrictives pour l'implantation et les clôtures ainsi que la possibilité de réviser le prix des terrains
" Monsieur le Maire propose donc au conseil de prendre la délibération suivante :
Est abrogé le paragraphe second de l'article 3ème du cahier des charges ainsi libellé
" les acquéreurs de terrains en bordure de la place projetée sur l'emplacement des bâtiments et de la cour de l'ancienne ferme de la Matrassière, en ce compris les terrains situés à l'angle sud-ouest de la section Dent à l'angle sud-ouest de la section I devront édifier leurs bâtiments en bordure de la voie publique et sur la façade de leurs terrains respectifs saufs l'emplacement d'une porte cochère ou entrée de voiture close par une porte en alignement des bâtiments "
Dans le paragraphe 3éme du même article ainsi libellé, " les acquéreurs de tous les autres terrains auront la faculté d "édifier leurs bâtiments en bordure de la voie publique ou de se clore sur la façade par une grille ou un mur conformément aux prescriptions ci-après " les mots " tous les autres terrains " sont supprimés
D'autre part afin d'éviter toutes difficultés à ce sujet M. le Maire d'ajouter à l'article 13 du cahier des charges relatif aux prix de vente le paragraphe suivant :
" Les prix de vente adoptés par la délibération du Conseil Municipal du 7 juillet 1935 et portés sur le plan annexé au cahier des charges pourront être modifiés par délibération du Conseil Municipal régulièrement approuvée, sans que les acquéreurs ou leurs ayant droits puissent se prévaloir à aucun moment et à quelque titre que se soit des prix portés au dit plan, ni les opposer soit à la ville de Brou, ni aux autres acquéreurs de terrains ; la publication de ces prix ne constituant pas une offre ferme, mais au contraire perpétuellement révisable. "

Séance du 16 février 1936

Le Maire rend compte de l'avancement des travaux et fait voter une nouvelle tranche de travaux d'aménagement de la viabilité sur le terrain de la Matrassière

Séance du 5 juillet 1936

Modification du cahier des charges

Monsieur le Maire après avoir exposé qu'il a soumis la mise en vente des terrains de la Matrassière à toutes les formalités prescrites par la loi en ce qui concerne les lotissements, propose, afin d'unifier le texte du cahier des charges en ce qui concerne l'accomplissement des formalités de purge des hypothèques légales et la libération de la commune de son prix d'acquisition de l'immeuble de la Matrassière, de prendre la délibération suivante :
Le cahier des charges des ventes des terrains de la Matrassière est modifié comme suit :
Les deux derniers paragraphes de l'établissement de propriété commençant par les mots " Les formalités de purge "et " il en sera rendu compte "sont abrogés et remplacés par le texte suivant :
La ville de Brou a fait accomplir sur son acquisition des consorts Martin-Fortis passée devant Me Bouvry, notaire à Brou, les vint février et trois mars mil neuf cent trente cinq les formalités prescrites par la loi pour la purge des hypothèques légales. A cet effet copie collationnée de cet acte d'acquisition a été déposée le huit avril mil neuf cent trente cinq au greffe du tribunal civil de Châteaudun et de suite un extrait contenant les énonciations voulues par la loi en a été affiché au tableau à ce destiné, placé dans l'auditoire du dit tribunal de l'acte de départ et d'affichage dressé par lui le dit jour.
Notification de ce dépôt a été faite à Monsieur le Procureur de la République près du tribunal civil de Châteaudun suivant exploit de Me Boury, huissier à Brou, en date du 10 mai 1935 contenant la déclaration de tous les anciens propriétaires de l'immeuble acquis. Cette notification a été rendue publique par l'inscription qui en a été faite dans le " Journal de Brou " feuille du mercredi 29 mai 1935 dont un exemplaire revêtu de la signature légalisée par le Maire de Brou porte la mention " enregistré àChâteaudun A.J. le 5 juin 1935 f° 92 case 6- Reçu 11 francs cinquante - signé illisible "
L'extrait placé dans l'auditoire du tribunal y est resté affiché jusqu'au 2 août 1935 jour où il en a été retiré ainsi que le constate un certificat délivré le dit jour par le greffier du dit tribunal.
Et pendant l'accomplissement de ces formalités il n'est survenu contre Madame Le Besque et Madame Lourdeau de Beauregard venderesses et contre Madame Vve Martin-Fortis M. E.M. Martin-Fortis et M. M.L.E. Jolly Nivers précédents propriétaires aucune inscription d'hypothèque légale ainsi que le constate un certificat délivré le 22 août 1935 par Monsieur le Conservateur des Hypothèques de Châteaudun.
La ville de Brou s'est délivrée de son prix d'acquisition entre les mains des vendeurs au terme d'un acte reçu par Me Bouvry sus nommé le 27 septembre mil neuf cent trente cinq, contenant main levée par les dits vendeurs avec désistement de tous droits d'hypothèques, d'action résolutoire, d'action en folle enchère et autres, de l'inscription prise d'office au Bureau des hypothèques de Châteaudun le 16 mars 1935 volume 1157 n° H 03 lors de la transcription du contrat d'acquisition sus relaté pour sûreté du prix.
Cette inscription a été radiée définitivement le 4 octobre mil neuf cent trente cinq ainsi que le constate un certificat délivré le même jour par Monsieur le Conservateur des Hypothèques de Châteaudun.
Le premier paragraphe de l'article premier ( voies projetées) est complété et remplacé par le suivant :
Les terrains mis en vente seront desservis par des places et rues communales conformément au plan d'alignement approuvé par délibération du Conseil Municipal en date 29 septembre 1935 et par arrêté de monsieur le Préfet en date du 23 janvier 1936. Telles au surplus que les dites places et rues figurent sur le plan annexé au cahier des charges.
Le chapitre I (accès et services publics) est complété par l'article suivant :

  • Article deuxième bis
  • Occupation

L'occupation des maisons d'habitations à construire sur l'un des quelconques des terrains au lotissement ne devra pas avoir lieu avant que les travaux publics de voirie et autres prévus pour le service de ce terrain aient été exécutés.
Le dernier paragraphe de l'article 4( Constructions)ainsi libellé :
." Les fosses d'aisance seront fixes, étanches et construites conformément aux règlements " est supprimé et remplacé par le suivant :
Les bâtiments comporteront des fosses d'aisances fixes et conformes aux règlements, qui seront des fosses septiques ou des fosses étanches cimentées. La création de puits perdus est interdite.

Séance du 11 octobre 1936

Monsieur le Maire expose l'état actuel de la Matrassière.
Les bordures de trottoirs sont à peu près terminées, des pierres seront étendues pour combler quelques différences de niveau.
Depuis la dernière réunion plusieurs terrains ont été vendus pour un total de 54.000 francs

Vue aérienne vers 1936

Lors de la séance du 26 décembre 1936 eut lieu le tirages des 8 premières obligations, remboursables, de l'emprunt de 250.000 francs pour la Matrassière

" Il est procédé au tirage au sort de 8 obligations de l'emprunt municipal du 11 février 1935 remboursable en trente ans conformément à l'article 3 du cahier des charges du dit emprunt.
A cet effet il a été déposé dans une urne 500 bulletins portant chacun un numéro correspondant à chacune des obligations non encore remboursées. Ont été ensuite extrait de l'urne et dans l'ordre suivant 8 bulletins portant les numéros ci-après 173 - 493 - 394 - 109 - 151 - 261 - 41 - 374
En conséquence les obligations portant les numéros ci-dessus seront remboursés à la caisse du Receveur municipal à partir du 1er mars 1937 conformément à l'article 5 du cahier des charges. "

Séance du 22 mars 1937

En ce qui concerne la Matrassière, Monsieur le Maire fait part de son intention de faire mettre en état les voies des sections II et III, de faire poser incessamment les canalisations de gaz par la société concessionnaire selon le processus habituel en la matière : avance des fonds par la commune et services des annuités par la société concessionnaire ; de faire placer sur le terre plein de la grande place un candélabre dont il soumet les croquis et devis.

Séance du 24 octobre 1937

Monsieur le Maire ouvre la séance par un exposé succinct de la situation des ventes de terrains de la Matrassiére qui se résume comme suit :* terrains vendus à ce jour 42 pour 280.000 francs environ. Il déplore en passant le ralentissement des achats consécutifs à la hausse des prix de la construction.

Projet de fête d'inauguration de la Matrassière en 1938

Étant donné qu'aucune fête n'est prévue à Brou pour 1938 M. le Maire propose que soit faite une inauguration officielle de la Matrassière qui servira de prétexte à une fête à laquelle il désire donner un certain relief.
Le Conseil Municipal s'associe tout entier à l'idée de M. le Maire.
Le conseil s'en remet à la commission des fêtes du soin de dresser un projet et charge la commission des travaux de proposer la dénomination pour les rues de ce quartier.

Séance du 25 avril 1938

Aménagement d'un rond-point.

Est ensuite décidé l'aménagement du terre-plein de la grande place de la Matrassière. Un rond-point de verdure entourera le candélabre dans un rayon de 6 mètres. Une bande de macadam d'une largeur de 2, 50 mètres suivra le contour du caniveau. L'espace entre cette bande et le rond-point de verdure sera gravillonné . une petite barrière de fer entourera le rond de verdure.
Fête d'inauguration de la Matrassière
Le Conseil Municipal fixe ensuite au 26 juin la fête d'inauguration de la Matrassière et après avoir entendu l'exposé de Monsieur le Maire sur l'ampleur de la fête et son programme alloue une somme de quatre mille francs pour cette manifestation.
La commission des fêtes est chargée d'établir le détail du programme qui comprendra principalement ; l'inauguration le matin, puis l'après midi fête foraine, Gymkhana automobile, festival de musique et bal. Elle est également chargée de répartir le crédit alloué entre les diverses sociétés participantes.

Séance du 20 mai 1938

Dénomination des rues de la Matrassière

Monsieur le Maire expose au conseil que notamment dans l'intérêt de la facilité des communications et de la remise des correspondances il serait utile que les voies publiques, nouvellement ouvertes dans le quartier de la Matrassière, eussent une dénomination officielle sous réserve de l'approbation préfectorale.
Il met en conséquence, à la disposition de l'assemblée, un plan sur lequel chacune des voies est désignées par un numéro d'ordre et il lui propose de donner à chacune d'elles une dénomination officielle.
Le conseil municipal, ouï l'exposé de Monsieur le Maire, considérant que la mesure proposée présente un intérêt général et qu'il y a lieu d'y donner suite ;
Considérant d'ailleurs que l'attribution aux voies publiques du quartier de la Matrassière d'une dénomination officielle n'entraînera pour la commune que la dépense peu considérable afférente à la fourniture et à la pose des plaques indicatives.
délibère :
Les voies publiques indiquées au plan qui restera annexé à la présente délibération recevront les dénominations officielles suivantes
La voie N°1 du plan dénomination Place de la Matrassière
N°2 Rue E.J.Valadier
N°3 Avenue de Beauce
N°4 Avenue de la Caisse d'Épargne (1)
N°5 Rue du Foyer
N°6 Rue de l'Arsenal (2)
N°7 Rue du Perche
Monsieur le Maire est autorisé à passer un traité de gré à gré s'il y a lieu pour la fourniture et la pose des plaques indicatives.
La dépense en résultant sera prélevée sur le crédit inscrit au budget primitif de 1938 n°64 sous la rubrique " entretien des rues quais et places publiques."

Plan du lotissement de la Matrassière lors de sa création en 1938

(1) L'avenue de Caisse d'Épargne a été débaptisée par décision du conseil municipal du 16 janvier 1948, pour devenir l'avenue du Général Leclerc après le décès de celui-ci en 1947.. Il est à noter aussi, fait rarissime, qu'une rue est nommée du nom du Maire en exercice.
(2) La rue de l'Arsenal a été renommée, lors de la séance du Conseil Municipal du 13 juin 1979, rue Lucien Deneau, nom de l'aviateur qui a participé à la fête de l'aviation en 1911 sur les terres de la Matrassière.

Installation du gaz dans la Matrassière

Monsieur le Maire rappelle à l'assemblée ses précédentes communications au sujet de l'extension de la distribution du gaz au quartier de la Matrassière et il résume ainsi le mécanisme de l'opération ; " Le concessionnaire exécutera les travaux qui lui seront payés par la commune au moyen de fonds provenant d'un emprunt qu'elle doit s'engager aujourd'hui à contracter. "
D'autre part, ainsi qu'il a été déjà procédé pour d'autres extensions, le concessionnaire paiera les annuités du dit emprunt L'opération est donc avantageuse pour la commune puisqu'elle ne nécessite pas la mise en recouvrement de centimes extraordinaires.
Monsieur le Maire soumet alors à l'assemblée le devis des travaux qui s'élève à 53.000 francs ainsi que le projet de convention à intervenir avec le concessionnaire réglant les conditions de l'opération dont il s'agit et lui demande de délibérer.

Inauguration de la Matrassière

Discours de Monsieur Valadier prononcé le 26 juin 1938

Messieurs et chers Amis,

Vous voulez bien assister aujourd'hui, et je vous en remercie, à une fête modeste, qui se déroule dans le cadre de la commune avec simplement quelques personnalités ayant pour la plupart collaborées de très près à nos travaux, qui y sont invités.
Il convient de considérer toutefois qu'en dehors de la réception du bel immeuble de notre Caisse d'Épargne, jolie réalisation due à l'initiative de nos amis Dunois, nous avons à inaugurer :
Tout d'abord une extension du service des eaux, avec agrandissement des bassins, pour qu'ils soient d'une capacité suffisante (près de 500 m3 ) à desservir toute la ville, dont l'extension augmente sur ses extrémités de rues et dans son centre.
Ensuite, une fraction de notre réseau d'égouts, qui deviendra ultérieurement applicable à presque tout l'ensemble de la commune, ce qui représente la partie assainissement de ce programme.
Enfin une série de rues, d'avenues et de places qui devenaient indispensables pour permettre de trouver un refuge central des véhicules automobiles de toutes natures, par suite de l'encombrement inextricable occasionné par l'affluence des jours de marchés ; c'est là alors la partie dite d'urbanisme qui a surtout pour but l'embellissement.
Il faudrait donc que nos concitoyens comprennent bien que les travaux poursuivis récemment sur la Matrassière et l'avenue du Mail, de même que ceux de la place des Halles et rues adjacentes complétés par ceux, antérieurs, de la rue de Châteaudun ou ceux, plus récents du cimetière, de la rue de Mottereau, de la rue de l'Hôtel de ville, forment un ensemble d'améliorations nécessaires, mais surtout s'incorporent dans un programme d'assainissement et de propreté de la ville qui profitera non pas à quelques personnes, mais à l'ensemble de notre population.
Je prétends qu'avant trois ans, nos rues et places seront toutes remises en état parfait, que notre réseau d'égouts sera très suffisamment agrandi pour que la cité soit devenue salubre et qu'ainsi la réputation désagréable, mais justifiée de Brou-la-Boue, qu'avait notre ville, aura disparue et qu'elle pourra revendiquer son titre prestigieux de " Brou-la-Noble" qu'elle porta fièrement près d'un demi-siècle, alors qu'elle vivait libre et indépendante, se dispensant de la suzeraineté de hauts seigneurs, vivant tout de même respectée et ressemblant ainsi aux cités libres qui entouraient la vieille république athénienne.
Nous avons essayé, dans un cadre modeste, de donner un avant-goût de ce que peut procurer l'ordre et la bonne tenue dans une cité à ressources limitées.
C'est là tout le problème ; s'il n'est encore qu'incomplètement réalisé, nous souhaitons de pouvoir très rapidement le terminer et ce sera définitivement notre plus belle récompense.

Inauguration du quartier de la Matrassière

Si les personnages présents sur cette photo participaient à l'inauguration, et que la maison en arrière plan était effectivement construite, par contre la photo est un montage réalisé, à l'époque, par Franck Prudhomme.

Quelques noms des personnes présentent le 26 juin 1938.

1 : Rondeau Théodore Garde champêtre
2 : Franchet Raymond Préposé aux abattoirs
3 : Gallou Joseph (dit Gaston) Conseiller municipal
4 : Valadier E.J. Sénateur, Maire de Brou
5 : Mitton Jules Député d'Eure et Loir
6 : Gaudichau Maurice Docteur vétérinaire
7 : Gougeon Paulin Président des Anciens Combattants
8 : Lantran Clovis Chef des Pompiers
9 : Coquan René Pompier

Séance du 27 août 1939

Installation complémentaire du gaz et de l'électricité dans la Matrassière - Vote d'un emprunt

Monsieur le Maire présente à l'Assemblée les projets qu'il a fait établir par le concessionnaire pour la distribution du gaz et de l'électricité dans les sections de la Matrassière non encore pourvues de ces installations indispensables. Il informe l'Assemblée qu'il fait joindre à ces deux projets celui de l'éclairage public dans ces mêmes sections ainsi que l'installation d'une ligne route de Frazé, cette dernière installation ayant été réclamée par quelques habitants. Il donne lecture du projet de convention avec l'Energie Industrielle pour l'exécution et le paiement de ces travaux en faisant ressortir qu'il ne résulte de l'exécution de ceux ci aucune charge nouvelle pour la commune , le concessionnaire prenant à sa charge les annuités de l'emprunt que réalisera la commune.

Vote la réalisation d'un emprunt global de 22 850 francs remboursable en trente ans , à réaliser auprès de la Caisse de Dépôts et Consignations.
Vote également une imposition extraordinaire de garantie de 9 centimes devant produire une annuité de 5 660,64 fr pendant 30 ans, étant donné que la société l'Energie Industrielle paiera pendant la même période la dite annuité d'intérêts et d'amortissement de l'emprunt dont il s'agit.

Séance du 3 mars 1940

Matrassière - Installation gaz

Monsieur le Maire a également constaté avec plaisir que la tuyauterie nécessaire à l'achèvement de l'installation du gaz dans la Matrassière était à pied d'œuvre . Aussitôt que le terrain sera asséché , les travaux commenceront.

La guerre de 1939/1945 arrêta les constructions déjà ralenties par les fortes augmentations des matériaux. Il a fallu attendre la fin des années 1950 pour que celles-ci reprennent pour se poursuivent jusqu'en 2000, ce qui permet de voir l'évolution de l'architecture entre ces années.

Le quartier de la Matrassière vers 1945 -1950

La Matrassière - Caisse d'Épargne Ave du Gal Leclerc vers 1947

La Matrassière - rue E. J. Valadier vers 1947

La Matrassière - vue aérienne vers 1950

La Matrassière - vue aérienne vers 1950

Séance du19 novembre 1952

Suppression du rond-point

"M. le Maire expose que devant le nombre croissant d'automobiles qui stationnent le mercredi il lui semble que la place de la Matrassière devrait être rendue utilisable en totalité par la suppression du rond-point et il propose que celui-ci soit supprimé.
M. Nouvelot et Mlle Rivière se déclarent contre ce projet qui est finalement adopté".

Malgré cette décision le rond-point resta en service encore de nombreuses années Il fut supprimé en 1989.
(inscrit aux travaux de voirie - vote du budget supplémentaire lors de la séance du 24 octobre 1989)

Vue aérienne du quartier de la Matrassière vers 1985

Vue aérienne de la place en 2003